...quand tu atteindras cet hémisphére, au cours de ta longue nuit, n´hésite pas á suspendre ta pélerine ! Car tu n'es pas aussi stupide que les hommes te représentent et tu sais qu'ici c'est... l'été !
vendredi 24 décembre 2010
2010 - 2011
au moment des fêtes de fin d'année, nous voulons dire á tous ceux qui nous sont chers, qu'ils sont éloignés par la distance mais proches par la pensée....Familles de sang et familles d'élection ; Amis d'ici, de lá et d'ailleurs ; Compagnons de travail et de rêves [Solidarité, Démocratie, Humanisme, Culture, Pensée, Fleurs, Transmission, Paix, Fraternité] ! Et nous n'oublierons pas davantage ceux qui vivent désormais dans nos coeurs !
Intermédes : "Mondialité"
entre les 20 décembre et 8 janvier, le temps sera prioritairement familial et amical.
Je me propose toutefois de ne pas resterer silencieuse car, si tout au long des premieres étapes du parcours, l'attention s'est (naturellement) portée sur le différent et l'insolite, trés vite néanmoins, on se dit " Tiens, donc ! Voilá qui ne m'est pas inconnu ! Ici aussi ? Ici encore ! Partout peut-être ? Ce serait ca, pour le meilleur et pour le pire, la mondialisation ? " .
Tout attentifs á l'Altérité, on rencontre inopinément du Même !
C'est á cette petite promenade dans les couloirs d'une drôle d' "Internationale", sous forme d'intermédes et de clins d'oeil, que je convie dans les jours qui viennent ceux qui ont encore la patience de venir nous lire :-).
Je me propose toutefois de ne pas resterer silencieuse car, si tout au long des premieres étapes du parcours, l'attention s'est (naturellement) portée sur le différent et l'insolite, trés vite néanmoins, on se dit " Tiens, donc ! Voilá qui ne m'est pas inconnu ! Ici aussi ? Ici encore ! Partout peut-être ? Ce serait ca, pour le meilleur et pour le pire, la mondialisation ? " .
Tout attentifs á l'Altérité, on rencontre inopinément du Même !
C'est á cette petite promenade dans les couloirs d'une drôle d' "Internationale", sous forme d'intermédes et de clins d'oeil, que je convie dans les jours qui viennent ceux qui ont encore la patience de venir nous lire :-).
On pose les valises...
| Aeroport de Santiago du Chili |
pour quelques semaines á Quilpue [province de Valparaiso], la ville de Manuel
2 mois et plus de 2 semaines que nous sommes partis.
Nous avons touché le sol de 5 pays, parcouru plusieurs milliers de kilométres par route ou par air [34 décollages et atterrisages ! ], passé des civilisations du riz á celles du maïs, plongé dans la langue anglaise [avec difficulté :-) ] puis espagnole [avec délectation :-) ]. Pas de grasses matinées : levers entre 4h et 8h30 selon les contraintes de déplacements. " C'est ca la retraite ? On ne m'avait pas dit ! " plaisante souvent Manuel.
Mais pourquoi donc la langue francaise parle t-elle de retrait(e) ? L'existence économiquement productive serait-elle l'unique mode d'être ?
Mon désir de partir, construit en partie sur le désenchantement, prend une nouvelle tournure !
Se réconcilier avec le temps si souvent malmené dans notre civilisation de l'urgence. Trop long quand, impatients, nous attendons quelque chose, oubliant que nous nous rapprochons ainsi de la mort ! Trop court quand un travail est á finir ou, plus lucidement, quand nous entrevoyons un bonheur fugitif ! Perdu, quand nous laissons l'ennui nous gagner ou notre désir en suspens. Futur, qu'imprudemment on remet á demain et qu'on veut croire sûr.... Le temps donné, le temps compté, le temps présent, Apprendre á s'en délecter comme d'un Capital ! Le seul, le vrai...
Mettre en eveil tous les sens. Regarder et non pas seulement voir ; Humer et non pas seulement sentir ; Goûter et non pas seulement avaler ; Ecouter et non pas seulement entendre ; Dire et non pas seulement parler, Com-prendre et non pas seulement prendre !
Se méfier des habitudes. Se lever chaque matin avec un petit pincement au creux du ventre car on aborde l'inconnu [un nouveau pays, une nouvelle ville ou il faudra apprendre á s'orienter et se déplacer, un lieu pour dormir et d'autres pour manger, se faire comprendre...] mais tout en même temps, une douce palpitation dans la poitrine car on pressent d'inoubliables rendez-vous : avec la beauté de la nature, la grandeur d'une oeuvre humaine, la rencontre avec d'autres si différents et si semblables, avec lesquels le plus souvent un simple sourire tiendra lieu de (re)connaissance.
Se retirer ? Mais alors comme la vague ! Pour plus et mieux étreindre le rivage ! Avec "jubilacion", comme dit si joliment la langue de Cervantes :-)
vendredi 17 décembre 2010
Cecil, tel que lui-meme
..."C'est exactement ma conception de la culture !" Dit-il en juin 2010:
http://www.youtube.com/watch?v=Ds8ryWd5aFw%22
lundi 13 décembre 2010
Cécil
Au moment de publier les derniers billets mexicains, je viens d'apprendre que quelqu'un qui a beaucoup compté pour moi, vient de disparaitre brutalemement. Cécil.
Cécil est une personne tout simplement lumineuse. Par son intelligence, sa génerosité, son exigence intellectuelle et morale, sa créativité. De celles dont on se dit qu'on a eu la chance de croiser le chemin. Un don Quichotte des temps modernes, sans frontiéres, ayant pour étendards la liberté de penser, la justice sociale et la transmission des savoirs...Nous devions nous revoir dés mon retour autour de projets partagés. Je lui dèdie mes modestes ècrits mexicains car c'est avec lui et l'équipe de REDOC, que je découvris pour la premiére fois ce somptueux pays. J'ai tant de fois, sur ce parcours, pensè á ce premier voyage, á lui, á Geneviéve, Beátrice, Elisabeth, Joanna aussi, attendant que m´arrive á un moment ou á un autre un message de sa part. Les lecons recus du Mexique concernant la mort, que je ne cesse de méditer et de tenter de faire miennes, prennent tout á coup une consistance douloureuse mais non oublieuse du sacre de la vie que Cécil nous conviait á fêter inlassablement et inconditionnellement. Pour tout, merci !
Cécil est une personne tout simplement lumineuse. Par son intelligence, sa génerosité, son exigence intellectuelle et morale, sa créativité. De celles dont on se dit qu'on a eu la chance de croiser le chemin. Un don Quichotte des temps modernes, sans frontiéres, ayant pour étendards la liberté de penser, la justice sociale et la transmission des savoirs...Nous devions nous revoir dés mon retour autour de projets partagés. Je lui dèdie mes modestes ècrits mexicains car c'est avec lui et l'équipe de REDOC, que je découvris pour la premiére fois ce somptueux pays. J'ai tant de fois, sur ce parcours, pensè á ce premier voyage, á lui, á Geneviéve, Beátrice, Elisabeth, Joanna aussi, attendant que m´arrive á un moment ou á un autre un message de sa part. Les lecons recus du Mexique concernant la mort, que je ne cesse de méditer et de tenter de faire miennes, prennent tout á coup une consistance douloureuse mais non oublieuse du sacre de la vie que Cécil nous conviait á fêter inlassablement et inconditionnellement. Pour tout, merci !
No sentarse !
Ne pas s´asseoir ! Bien sùr, il n'en est pas question ! La route continue....vers "Santiago de Chile", le pays de Manuel.
Mariachis
ces groupes de musiciens et chanteurs animent les fètes traditionnelles et marquantes, á l'origine les mariages (d'oú leur nom). Dans les bars et les restaurants, moyennant "pesos", ils vous entrainent dans un Mexique de cartes postales ou de "pelicula" (film) :-)
..Viellot, ringard, anachronique ? Allez donc voir !
http://www.youtube.com/watch?v=0fd-MVU4vtU
La Santa Muerte ! La Sainte Mort !
Squelettes dénudés ou bien portant habits d'homme ou de femme, de gala ou de travail, d'aristocrate comme de paysan. Têtes de morts...Tombes et cercueils en miniature...En papier, en tissu, en céramique, en métal, en paille, en bois....en chocolat, nous a t-on dit ! Peinte, dessinée, moulée, sculptée, tressée...Partout ! A l'entrée d'un restaurant ou d'un musée, dans TOUTES les boutiques artisanales, á une fenêtre, sur un balcon, une affiche, la carosserie d'un camion...
La surprise passée, la curiosité s'empare de vous car rien de dramatique dans cette mise en scéne permanente ni même de morbide ! La mort est traitée avec un mélange de fascination, d'ironie et même d'irrévérence qui suggére quelque chose d'une philosophie de la...vie ! ? Et nous, de questionner tout au long du chemin : pourquoi ?
"Pour ne pas oublier que nous sommes mortels"..."pues, es así ", traduisez " c'est ainsi !"...et de nous parler de la fête des morts qui revêt ici une importance toute particuliére : on se rend au cimetiére, on allume des bougies toute la nuit, on mange sur place, et on laisse leur part du repas aux défunts, on dialogue avec eux, on décore les maisons avec ces figurines réalistes ou porteuses de dérision. Celá dure quelques jours ou un mois complet selon les régions. Ensuite les défunts regagnent leur royaume.
La clef nous sera donnée en fin de parcours par Alfredo, notre guide en pays maya. Il se détourne du chemin tel que prévu et nous emméne dans un village écarté de la route principale. Il pousse la grille du cimetiére oú s’alignent des niches, semblables á des mausolées de petite taille, peintes de couleurs pastel : rose, vert, bleu, lilas avec des touches de blanc. On peut lire des noms et des âges á même la pierre, aux tracés souvent maladroits et á l'orthographe incertaine, ce qui accroit la charge émotive du lieu.
"Regardez !"
Une scéne inimaginable, on pourrait dire "ob-scéne", s'offre á nous !
Dans les niches, des coffres en bois clair et de taille modeste, entre-ouverts, contiennent á la vue de tous...les ossememts des défunts et plus particuliérement les crànes grimacants, orbites creuses et dents décharnées ! Ils ont été posés avec amour sur des napperons joliment brodés, á la main, de fils de couleurs vives.
Nous gardons le silence entre stupéfaction et conviction que nous vivons un moment rare.
C'est Alfredo qui reprend la parole . Dans ce village, les défunts sont d'abord inhumés puis au terme de 5 ans, leurs ossements sont nettoyés et exposés dans les niches. On vient les "visiter" et leur parler. Si un événement important survient , on les en informe et on leur présente les nouveaux venus dans la famille.
Les morts continuent á... vivre, non loin des vivants !
Voilá donc le fil conducteur ! Il n'y a pas de coupure entre vie et mort. Elles forment un couple indissociable. ! Cette réalité fondamentale, évidente devrait-on dire, ne semble pas ici theórique et de l'ordre du discours, mais totalememt intégrée psychiquement et socialement. Toutes les approches de la mort semblent se nouer sans difficulté : réel des corps, représentations imaginaires et traitements symboliques !
Sans doute une fois encore s'agit-il d'un héritage des cultures originelles car le monde préhispanique vit dans cette obsession : passer par la mort pour générer la vie ! C'est le sens profond des (terribles) sacrifices humains qui n'ont d'autre propos que de nourrir la divine énergie solaire pour la survie de la terre, monde des hommes situé entre ciel, siége des divinités et inframonde, royaume des morts !
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