dimanche 24 octobre 2010

Jamais sans les Dieux !

Au Népal, comme en Inde, vie religieuse et vie profane sont intimement mêlées.
Partout temples et autels et  représentations des divinités, rassurantes ou terrifiantes. On les remercie de leurs faveurs ou on sollicite leur clémence.
Offrandes sous formes de fleurs, riz, fruits, galettes et  gâteaux…ainsi qu’odeurs d’encens indiquent sans hésitation au passant la présence du sacré.
A Patan, ville proche de Katmandu, une des plus anciennes de la vallée avec plus de 2000 ans d’âge, en plein centre historique [superbe ! ], nous entrons dans un temple. Un rituel est en cours. On accompagne, au son d’une flûte, dans la cour de l’édifice, des personnes portant des masques représentant les principales divinités du panthéon hindouiste. Un homme les salue une à une en s’inclinant et en déposant des offrandes. On approche un agneau qui fait l’objet de rites étranges. Une lame est tendue à l’officiant. Il se pratique encore des sacrifices d’animaux !

Pépinière à démocratie

Après des siècles de monarchie d’abord de droit divin puis constitutionnelle, le 28 mai 2008, le Népal est devenue une république parlementaire. Sa constitution dit ‘’un état indépendant, indivisible, souverain, laïque et une république démocratique’’. A noter que le parti maoïste siège au parlement.

Pour ceux que ces questions intéressent [Hello à Chantal et Gérard et à notre groupe ‘’chemin 46’’], il me semble que s’intéresser à cette construction délibérement affirmée pourra être riche d’enseignements car monde rural, analphabétisme, pauvreté et religion sont les principales caractéristiques de la société..Nepali, comme ils disent si joliment !

La demeure des neiges

Déjà les Alpes et les Andes ! Voir AUSSI l’Himalaya [Him-neige et Alaya-maison ou demeure] est le rêve qui nous a conduits ici. La Chaîne compte 14 sommets de plus de 8 000 mètres d’altitude et le Népal comptabilise quant à lui 8 parcs naturels et 4 grandes réserves ! Une merveilleuse destination pour nos ami(e)s marcheurs : Régine, Frédéric et aussi Sabine ! 

Le Népal est un tout petit pays mais son relief accidenté le rend difficile et long à parcourir. Pour cette fois-ci  nous nous concentrons sur Katmandu et sa vallée, au patrimoine culturel, hindouiste et bouddhiste mêlé, inestimable.

jeudi 21 octobre 2010

En guise d'au revoir

La magie du verbe

La Route du peuple / Janpath [Delhi], Le Palais de la Bienvenue / Mubarak Mahal [Jaïpur], Le Palais des Vents / Hawa Mahal [Jaïpur], Le Hall des plaisirs / Sukh Niwas [Amber], La Mosquée des Perles / Moti Masjid  [Agra], le Palais des Miroirs/ Shish Mahal [Agra], La Demeure de la Paix / Darul Aman [Delhi], La Perle du Palais / Muntaz Mahal [Agra], Le Palais des couleurs / Rang Mahal [Agra], Le puits de la connaissance [Varanasi / Bénares], Le Jardin qui donne la vie [Delhi]…. et tant de Baazar(s) !

Et l’Inde moderne ?

Nous ne l’avons pas rencontrée ! Ni sur les routes ni dans les villes visitées hormis en traversant les artères agréablement arborées de New Delhi. A moins de la résumer à une motorisation intense [hello ! TATA J ], à une téléphonie non moins présente et à… des images de télévision !
Sans doute se construit-elle dans les milieux de la Politique, des Affaires, de l’Education et de la Recherche ? Autant dire qu’elle n’est pas dans la rue et que pour la croiser d’autres formes de voyage [Jumelages / Rencontres internationales / Congrès…] sont plus adaptées.
La route semble encore bien longue pour que ce milliard d’habitants de notre planète vive non selon nos modèles occidentaux mais simplement dans des conditions de décence et de dignité !

mercredi 20 octobre 2010

Intermède : Bouddhisme

Tout près de Varanasi / Bénarès La petite ville de Sarnath a abrité il y a 2500 ans Siddhartha Gautama devenu le Bouddha. Il y a prononcé son premier sermon devant quelques disciples et mis en mouvement la roue du dharma ou loi morale.
Il faut toutefois noter que l’Inde est restée très largement attachée à l’hindouisme et que ce dernier a fait de Bouddha un avatar de Vishnou !

Mourir à Varanasi [Bénares]

Ecrit sur une terrasse face au Gange
Nous voici presque aux termes du parcours indien et nous reprendrons à notre compte le cliché mille fois répété que l’Inde ne peut laisser indifférent.
Elle est émouvante ET insupportable !
Une fois l’Inde imaginaire [celle des Maharajah et des Maharani ] abandonnée en chemin, ce que l’Inde vous inflige avec une intensité rare et sans nul voile c’est le Réel ! Le Réel de la vie des hommes avec ses ombres et ses lumières.
Côte à côte et pêle-mêle :
Défécation et vénération à l’air libre, parfum d’encens et odeurs de pourriture, joies de l’amour et douleur de la perte, misère humaine et présence constante des divinités, couleurs des fleurs et noirceur de la crasse, eau purificatrice et eaux croupissantes, hommes et bêtes et maintenant engins motorisés, parures flamboyantes et corps dénudés, grossière arnaque et exquise courtoisie, philosophie de la non violence et inimaginables assassinats [Le mahatma Gandhi et Indira Gandhi], cyclopousse et mobile à la main, temps arrêté et accélération de la marche vers le futur…
Nous pourrions à l’envie multiplier ces couples paradoxaux !
Bénarès, où tout indien aspire à mourir ou à être incinéré, Ville Sainte entre toutes, est comme le condensé de cette exubérance et de cette ob-scénité !
Car elle ajoute l’ombre de la Mort sur les rives d’un fleuve qui inspire par sa majesté et la lenteur de son cours, une forme de paix intérieure. Les eaux sales du Gange purifient  et l’horreur des bûchers métaphorisent les âmes qui s’élèvent.
On en reste sidérés !
En Inde ce qui fascine ou ce qui horrifie c’est le trop plein de Réel !

Vivre à Varanasi [Benares]


Parcourir les ruelles étroites de la ville à la tombée de la nuit ou à l’aube, est proprement hallucinant.
Tas d’immondices, bouses de vaches occupant l’espace, merdes de chiens regroupés en meutes, et celles de singes sautant de toits en toits, hommes urinant ou déféquant dans un recoin, crachats de couleur rouge issus de la mastication du paan [pâte à mâcher parfumée ], rats crevés ou vous passant entre les jambes, odeurs pestilentielles, échoppes minuscules tenues par des femmes et des hommes recroquevillés, ateliers de tissage où nous avons aperçu des enfants… Nous avons pris la machine à remonter le temps !
Et tout à coup un autel dédié à Shiva, Dieu du panthéon hindou que les habitants vénèrent. Des fleurs pour les offrandes, la fumée et l’odeur de l’encens, des chants rituels, des mains en prière. Et c’est comme un peu de lumière dans cet innommable ! Dans la vieille ville, seul le contact avec la Divinité…humanise !
Ø Nous sommes présents au moment où se déroule une importante fête annuelle dédiée à Parvati, l’épouse de Shiva. Chaque quartier a construit des statues de terre magnifiquement peintes et parées : Shiva, Parvati, Ganesh leur fils à tête d’éléphant, des démons…Elles sont emmenées jusqu’au Gange dans la liesse pour y être immergées devant des milliers d’habitants et de pèlerins. Des rituels complexes  accomplis par des Brâhmanes accompagnent la cérémonie.
Surgit alors l’actualité ! Notre guide nous explique qu’il vaut mieux ne pas stationner au milieu de la foule. Il se dit dans la ville qu’un attentat islamiste est possible. On constate effectivement un fort déploiement de policiers.
Ø Naviguer à l’aube sur le Gange avec pour seul bruit le clapotis de l’eau et le souffle du rameur, c’est s’approcher de là où palpite le cœur de la foi hindouiste. Indifférents à tout ce qui les entoure, fébriles à s’asperger le corps entier et à se gargariser puis concentrés face au fleuve, hommes en pagne et femmes tout habillées viennent avec confiance et ferveur se purifier dans les eaux troubles du mythique Gange.
De modestes offrandes [une coupe de sisal emplie de fleurs de couleur orange, avec en son centre une petite bougie allumée] flottent sur l’eau au gré du courant. Porteuses de quel espoir ?

Maharani

Bienvenue sur ce blog a notre Maharani :-)