mardi 7 décembre 2010

Une femme s'est mise á danser

A Oaxaca

Ce soir lá, sous les arcades de la Plaza Mayor, des musiciens jouent des airs trés rythmés (merengue, cumbias...). Une femme indienne, ridée mais sans qu'on sache deviner la part de l'âge ou celle du soleil, vêtements sombres qu'on devine sales et défraichis mais une écharpe qui illumine son visage, de lourds botillons aux pieds . Elle dégage l'odeur âcre de ceux qui n'ont pas oú se laver. Elle dépose dans un coin son ballot et les cartons qui doivent lui servir d'abri de nuit.
Moment onirique : seule, elle se met á danser ! Son corps bouge avec aisance, elle a le sens du rythme, elle suit la cadence avec grâce, indifférente á tout ce qui l'entoure. Sourires moqueurs, rictus de désapprobation, chuchotements, regards étonnés de la plupart...Les musiciens lui lancent des mots de complicité et d'encouragement. Ils doivent la connaître. Elle danse, danse, danse et sourit parfois. Son moment d'extase ? La musique s'arrête, elle se faufile entre les badauds, récupére baluchon et cartons et disparait dans la nuit.

La Misére peut donc se travestir en danseuse ? J'en suis restée bouleversée...

samedi 27 novembre 2010

Saveurs

 Depuis Oaxaca
26 novembre...C'est mon anniversaire et, expérience inédite, j'ai osé :-) gouter pour l'occasion á la cuisine d'origine précolombienne : sauterelles grillées ! Tamales (purée de maïs assaisonnée et cuite dans une feuille bananier) ! Sorte de sel aromatisé á base de...vers (oui, oui ! ) de maguey (une plante de la famille des cactées aux multiples utilisations). Il n'y avait pas de fourmis ou leurs oeufs . ce n'est pas la saison ! Ouf ? En réalité comme tout ceci est fort épicé, on surmonte son appréhension :-). Mais étrange tout de même, non ? :-)

jeudi 25 novembre 2010

Homo mexicanus :-)

depuis Puebla

les conquistadors débarquérent en 1517 á Vera Cruz. Hernan Cortes est recu par l'empereur mexica, Moctezuma, avec crainte et respect. Il lui offre sa coiffe de plumes et de pierres précieuses, plus somptueuse que la roue d'un paon !
Terrible méprise qui changea sans doute la face du monde ! La mythologie des peuples de Teotihuacan, prophétise le retour, aux environs de cette date, de Quezatcoatl, le serpent á plumes, sous les traits d'un homme blanc portant barbe.
Il se dit que le feu et la croix feront le reste. Toutefois la doctrine chrétienne et ses idéaux d'égalité entre les hommes (du moins face á Dieu), n'a t-elle pas trouvé un point d'impact facile dans cette société brillante mais guerriére, esclavagiste et tenue par ses croyances á verser du sang humain ?
A plus de 80 % métis et catholiques, les mexicains d'aujourd'hui doivent assumer cette ambivalence constitutive de leur peuple et de leur culture : le sang des conquérants et celui des vaincus, la splendeur de civilisations piétinées et la magnificence de la chrétienté triomphante, l'espagnol comme langue commune et la survie de dialectes et d'une toponymie qui parlent des origines...
Une illustration in vivo de ce que l'identité d'une nation mérite (partout) une approche... complexe !

Pistoleros ?

St Miguel de Allende, le 20 novembre 2010, jour anniversaire de la Rèvolution

Il est 6h du matin. Des bruits semblables á des coups de feu résonnent ! En rafales, qui cessent puis se répétent. Je m'approche de la fenètre de la chambre d'hòtel pour essayer de voir et de...comprendre !
Manuel me lance " Ne vas pas te prendre une balle perdue ! " 
Comme rien ne bouge autour de nous, notre imagination galope entre crainte et...fou-rire ! Personnel de la réception réfugié sous leur comptoir ? Bandes rivales ? Affrontememts entre policiers et narco-trafiquants ????
A 8h du matin, les rafales se poursuivent. Nous en concluons, tout de mème ! :-), que nous ne vivons pas un "western" á la mexicaine ni un asalto ni un pronunciamento !
Renseignememts pris auprés d'un aimable et paisible :-) villageois, il s'agit de tirs de fusées qui ont lieu toutes les fins de semaine depuis...une église de la ville !!!! Il s'agissait ce jour d'honorer Santa Cécilia, patronne des musiciens ! et de nous expliquer laconiquement " avant ´c'était á 4h du matin ! Depuis qu'on est devenu "Patrimoine de l'Humanité", ils ont réglementé. Nous on se léve et on va...á la messe ! ""

Viva Zapata ! Viva Villa ! Y Viva Mexico !


Nous sommes arrivés au Mexique au moment des célébrations du Bicentenaire de l'Indépendance et du Centenaire de la Révolution mexicaine.
Expositions, affiches, presse écrite et télévision rappellent abondamment ces événements historiques.
A St Miguel de Allende, une superbe ville coloniale, la fête est dans la rue : défilés, danses, groupes musicaux avc pluies de confettis argentés.  A Mexico, une reconstitution historique grandiose sur la non moins grandiose place centrale, le Zocalo. Mais ausi des "foros", des forums thématiques sous châpiteaux organisés par les syndicats et les organisations de citoyens. Car il semblerait bien que le Mexique d'aujourd'hui hésite entre l'exaltation de l'esprit révolutionnaire et le désenchantement !
¿ Quoi ? Cent ans ont passé avc leur cortége de luttes paysannes et ouvriéres, d'affrontements politiques sanglants, de rêves de justice et d'égalité et de "lendemains qui chantent" toujours remis á demain ! et toujours des territoires déshérités, de néo-latifundistas, des laissés pour compte du développement, des populations  indiennes marginalisées !   et puis aussi et surtout, le crime organisé, le narco-trafic dont la presse relate chaque jour les violences telles qu'enlévements, séquestrations, assassinats.
Selon un sondage lu dans la presse nationale, une majorité de mexicains fait de la cessation de la violence la priorité absolue.
Des universitaires s'aventurent á ébranler les dogmes politiques en écrivant que la Révolution mexicaine n'en fut pas une mais oui, une guerre sans merci entre des caudillos avides de pouvoir.
Un détail qui n'en est pas un pour un esprit européen : des invitations (par affiche, sur les autobus urbains, dans les pages des journaux...) á la dénonciation anonyme (avec numéros d'appel) présentée comme un acte civique.


lundi 22 novembre 2010

Migrations

Aéroport de Los Angeles
Nous y restons longuement, en transit via Mexico.
Toutes les besognes sans qualification sont assumées par... des latino-américains.
Décidémemt les aéroports nous content des histoires qui ne sont pas que d'exploration touristique, de relation commerciale ou d'échange politique ou culturel  !

PS . 27 millions de mexicains vivent aux USA ! Et combien de cubains, de portoricains et autres "chicanos" ?

Misere

Elle ne manque jamais de traverser la scene, personnage silencieux, aux masques changeants de Comedia dell' Arte.
Comment oublier les yeux tristes de cette toute jeune fille accompagnant un homme occidental, obése, pâle et rougeâtre á la fois, bras et jambes couverts de psoriasis, éssouflé... ?
A Manille, la misére sexuelle s'accouple avec la misére tout court.

Un petit coin de paradis (?)

par Eléa
par Milo
Ecrit sur l'île de Boracay aux Philippines

les mots qui viennent résonnent comme des clichés d'agence de voyage !
Couchers de soleil inoubliables, cocotiers chargés de fruits, eaux á 28 degrés hésitant entre marine et  turquoise, mangues et ananas gorgés de sucres, poissons grillés au fumet odorant, sable blanc jusqu'á l'aveuglement, moiteur tropicale et pluies rafraìchissantes, catamaran, land-art....
Une bulle de bonheur en famille détachée pour un temps des tourments du monde !
par Nelida
ikebana

Message universel....

...avant départ !
Au fronton d'une grande librairie de Shanghai, dans plusieurs langues :
" Les livres sont un marche-pied pour le progres de l'humanité"

N'est-ce pas Lise ? :-)

PS nous écrivons depuis des stations Internet aussi impossible pour l'instant d'illustrer nos billets....

Saveurs

difficile de s'aventurer dans une cuisine qu'aucun ingrédient étrange (et le plus souvent non identifiable pour un regard et un palais occidentaux), ne semble rebuter ! Je dois avouer que les odeurs terriblement prégnantes m'ont parfois conduite á la nausée !