Sur le ferry, entre Patagonie et Terre de feu, j'ai rencontré l'autre Nelida ! Jamais ni elle ni moi n'avions croisé une personne portant le même prénom...Elle raconte son histoire. Son pére admirateur d'une actrice argentine, Nelida Lovato. Stupéfaction ! le mien, non moins sensible au talent d'une certaine Nelida Quiroga !
Et notre entourage, amusé et ravi, de nommer un glacier, sans nom selon le capitaine... Nelida-Nelida :-)
mercredi 26 janvier 2011
Les rencontres de Puerto William
Sur le ferry des sympathies sont nées. Sans doute ne vient-on pas jusqu'á ce village lointain et selon ce mode de transport, sans avoir quelques points communs !
- Michel, Christian et l'autre Nelida :-), Sabine et Benjamin, René, Andres et Pamela.
- Au village, Hector et Loreto. Il travaille pour la marine chilienne dans le secours en mer. Ensemble, ils ont vécu pendant 1 an dans une "alcadia de mer", une mairie de la mer soit... un phare du bout du monde! Un an sans discontinuité, n'ayant pas d'autres contacts directs que les equipages des bateaux venant, environ une fois par mois, les approvisionner. Elle l'aidait dans ses tâches et serait prête á repartir si ce n'étaient les enfants...
- Andres de l'ONG "audiovisualessinfronteras.com". Lui et son équipe sont lá pour réaliser un film sur la culture des Yamanas, dont les enfants sont les metteurs en scéne. Ils interviennent dans le monde entier pour que ne soient pas oubliées les "nourritures"...culturelles !
Dans les forêts natives
| Ici aussi ! |
Arbres et arbustes ont de toutes petites feuilles, sans doute caractéristiques des essences des terres froides. Beaucoup d'arbres présentent des noeuds, parfois énormes, réaction de défense contre des champignons parasites qui tombent au sol en quantité importante et ressemblent á des morilles. La curiosté est rapidement aiguisée par la fréquence dans le paysage, d'espaces étendus et couverts d'arbres morts, érigés ou au sol, de couleur grise et de formes tortueuses. Humidité excessive (les tourbiéres sont nombreuses) et....castors faconnent ces paysages énigmatiques entre cataclysme et beauté sculpturale ! Ces "charmants" rongeurs furent introduits en Patagonie á des fins d'élévage. Ils trouvérent le chemin de la liberté et prospérent désormais dans les forêts pour lesquelles ils sont devenus un véritable fléau.
Puerto William, l'enchantement !
C'est ici que le Chili mérite le mieux son nom á l'étymologie la plus communément admise : " Lá oü finit la terre". Les habitants, le plus souvent venus d'autres régions chiliennes, sont souriants, aimables et échangent volontiers. Ils aiment ce bout de terre, si éloigné de tout, pour la beauté de ses paysages, son caractére encore sauvage et, sentiment partagé, la tranquillité et la sécurité.
" Je peux me promener á n'importe quelle heure du jour et de la nuit sans aucune crainte " me dit une femme. "Les enfants peuvent être laissés libres" dit une autre.
Certains en sont partis et..reviennent ! D'autres sont venus provisoirement et sont restés.
" Je peux me promener á n'importe quelle heure du jour et de la nuit sans aucune crainte " me dit une femme. "Les enfants peuvent être laissés libres" dit une autre.
| Une centaine de km de routes non asphaltées |
De Punta Arenas á Puerto Williams
vendredi 21 janvier 2011
La mort des peuples
Nous restons peu à l'aise avec certains mots : Indigénes ? Aborigénes ? Autochtones ? "Indiens" pour consacrer le malentendu historique qui n'a toujours pas été effacé de la langue.
Ceux qui peuplérent ces terres ne sont guére connus : Mapuches, tehuelches, Seik'nam, Yamanas, Alacalufes...Ils étaient tous nomades cueilleurs, chasseurs et/ou pêcheurs. Certains vivaient même sur leur canoé, "nomades des mers". Pendant longtemps, ils virent passer les voiliers qui n'abordaient pas ces terres inhospitaliéres. Les premiers navigateurs apercevaient quant á eux des fumées : la Tierra de fuego, la Terre de feu dirent-ils. Ces feux que les "sauvages" laissaient allumés en permanence pour se protéger, se chauffer et sans doute aussi honorer quelque divinitè bienfaisante ?
La colonisation entre en scéne revêtant les habits de la civilisation ! Le rideau tombe sur une sombre fin : désorganisation culturelle, maladies inconnues, alcool, déplacements, mise á prix des têtes...comme des bêtes ! Ils prennent naïvement les moutons d’élevage pour des proies faciles et les colons eux "chassent sur les mêmes terres" !
Indiecito, le culte qu'on te voue aujourd'hui, est-ce de l'amour ou du remords ?
Hélas, la repentance ne console que d'autres innocents, "coupables" seulement de descendre des fautifs ! les peuples mis á mort quant á eux ne sont plus là pour l'accepter !
Ps je pense á toi, Régine, qui me parlait dans un message de l'autre Pôle !
Ceux qui peuplérent ces terres ne sont guére connus : Mapuches, tehuelches, Seik'nam, Yamanas, Alacalufes...Ils étaient tous nomades cueilleurs, chasseurs et/ou pêcheurs. Certains vivaient même sur leur canoé, "nomades des mers". Pendant longtemps, ils virent passer les voiliers qui n'abordaient pas ces terres inhospitaliéres. Les premiers navigateurs apercevaient quant á eux des fumées : la Tierra de fuego, la Terre de feu dirent-ils. Ces feux que les "sauvages" laissaient allumés en permanence pour se protéger, se chauffer et sans doute aussi honorer quelque divinitè bienfaisante ?
La colonisation entre en scéne revêtant les habits de la civilisation ! Le rideau tombe sur une sombre fin : désorganisation culturelle, maladies inconnues, alcool, déplacements, mise á prix des têtes...comme des bêtes ! Ils prennent naïvement les moutons d’élevage pour des proies faciles et les colons eux "chassent sur les mêmes terres" !
Indiecito, le culte qu'on te voue aujourd'hui, est-ce de l'amour ou du remords ?
Hélas, la repentance ne console que d'autres innocents, "coupables" seulement de descendre des fautifs ! les peuples mis á mort quant á eux ne sont plus là pour l'accepter !
Ps je pense á toi, Régine, qui me parlait dans un message de l'autre Pôle !
L'esprit de conquête
Qui étiez vous vraiment navigateurs, explorateurs, conquistadors ? Sur mers et par terres inconnues...Notre bateau avance lentement et en admirant, non sans une certaine frayeur, ces rives toujours sauvages et ces canaux sombres et profonds à la géographie labyrinthique, je pense á vous avec émotion ! Les frêles embarcations, les rives inhospitalières , les passages maritimes inexplorés, le besoin d'eau douce et de vivres, les tempêtes, les pluies et les vents, les mutineries d'hommes pris d'effroi..Vous naviguiez sur un océan ...d'inconnu !
L'appât du gain, la fiévre de l'or, le désir d'evangélisation épuisent-ils ce qu'il en était de vos désirs profonds ?
L'appât du gain, la fiévre de l'or, le désir d'evangélisation épuisent-ils ce qu'il en était de vos désirs profonds ?
Magellan, plus qu'un détroit
| La statue de Magellan à Punta Arenas |
Lieux chargés de légendes et de rêves ; Histoires de découvertes capitales et d'explorations hasardeuses ; Monde hostile portant les espoirs de migrants européens fuyant la misére ou la persécution politique ; Immense territoire déchiqueté et sauvage, oú des hommes sans foi ni loi pouvaient se faire oublier. Terre native d'hommes adaptés á des conditions de vie extrêmes ; Mers de naufrages...
| Epave sur le détroit de Magellan |
Il aura accompli le premier tour du monde, ouvert la route du Pacifique par l'ouest et apporté la preuve que la terre est( bien) ronde !
La construction du canal de Panama amoindrira l'importance du passage.
Mais Zweig, dans son livre "Magellan" * de conclure : " ...ce n'est jamais l'utilité d'une action qui en fait la valeur morale. Seul enrichit l'humanité, d'une façon durable, celui qui en accroît les connaissances et en renforce la conscience créatrice. "
* Merci, Bertrand, de l'avoir déposé sur les étagères du blog ! Je regrette de ne pas l'avoir avec moi !
Las casitas de color de Punta Arenas
Indiecito
Pun
Dans le cimetiére de Punta Arenas, les familles pionniéres ont érigé, tout comme dans la ville, de magnifiques (derniéres) demeures. Un morceau d'Europe échoué au bout du monde ! les patronymes sont croates, yougoslaves, allemands, italiens, francais, espagnols...Le style architectural, le plus souvent neo-classique, affirme une identité en exil mais aussi la fierté d'avoir ici fait fortune.
Au bout d'une allée, la tombe de "l'Indio desconocido", de ...l'Indien inconnu !
On reste quelque peu stupéfait face á la statue d'un aborigéne, sans doute Seik'nam, et sa plaque de marbre sybilline. Les circonlocutions poètiques tentent d'associer "indianité" souffrante et "chilénité" intégratrice.
Le plus étrange est que cet Indiecito ("petit" indien au sens affectueux) est désormais sanctifié et de multiples plaques blanches couvrent les murs du mausolée en signe d'actions de gràce : "Gracias, indiecito" ! "Petit indien, merci" !
Au bout d'une allée, la tombe de "l'Indio desconocido", de ...l'Indien inconnu !
On reste quelque peu stupéfait face á la statue d'un aborigéne, sans doute Seik'nam, et sa plaque de marbre sybilline. Les circonlocutions poètiques tentent d'associer "indianité" souffrante et "chilénité" intégratrice.
Le plus étrange est que cet Indiecito ("petit" indien au sens affectueux) est désormais sanctifié et de multiples plaques blanches couvrent les murs du mausolée en signe d'actions de gràce : "Gracias, indiecito" ! "Petit indien, merci" !
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